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Soyez le bienvenu(e) à mon site! Voici un livre pour lecteurs et lectrices, adultes et jeunes à partir de 8 ans, qui aiment le "fantasy animalier", pour tout ceux qui veulent voir la nature contre-attaquer. Il a été publié en décembre 2008 par les Editions Baudelaire, en vente chez Payot Lausanne. Si vous souhaitez acquérir un livre, n'hésitez pas à m'écrire: Monique.Golay@gmail.com ou prenez contact avec les Editions Baudelaire http://www.editions-baudelaire.com/. Amusez-vous bien avec cette lecture !!!

L’histoire en quelques lignes :   Nobi Lynxu est un lynx qui ne se contente pas de mener une vie confortable et peu ambitieuse. Un jour, il décide de quitter sa Terre des Forêts pour partir à l'aventure jusqu'à la Cité où il rencontre une siamoise appelée Geta. Ils font connaissance, se racontent à l’un l’autre leurs bonnes histoires puis se retrouvent à comploter un plan contre un grand et dangereux pitbull qui sème la terreur partout, mange des chevaux et des vaches et passe pour un fou furieux. Tout au long de leurs aventures, une amitié se noue entre Nobi et Geta, et se développera de manière touchante. Et bien évidemment, le lynx explore ses qualités telles que son grand courage et sa formidable discrétion. Tous les moyens sont bons pour constamment démontrer ses brillants traits de chat sauvage.

14 Chapitres s'offrent à vous, incluant soixante mille mots, tous écrits avec soin pour le plaisir des lecteurs.
Vous trouvez ci-dessous un résumé plus détaillé accompagné de quelques passages de mon livre (marqués en italique).  

© Monique Golay  

Soyez convaincu(e) que Nobi vit dans un terrier luxueux :  

    Sa tanière mérite d’être décrite avec ses fenêtres d’ambre, et la mousse imperméable qui formait son toit. Une pomme de pin gigantesque servait de porte : celle-ci s'ouvrait ou se fermait au gré du vent, ce qui était fort pratique. Le plancher était recouvert de poussière cristallisée en un épais tapis, de sorte que même lorsqu’il faisait froid dehors, l'endroit demeurait chaud et confortable. C’était certainement très charmant de vivre dans ce terrier, et Nobi se savait chanceux.
 
   
Comme il est très aventureux, il entreprend de nombreux voyages qu’il raconte aux autres lynx de sa communauté. Ceux-ci utilisent alors du papier pour écrire tous ses récits, se montrant ainsi en animaux bibliophiles. Mais Nobi rêve de toujours en savoir plus, et un jour il décide de quitter le Pays des Lynx pour découvrir la Cité. Il donne alors une grande fête d’adieu dont voici quelques détails :  
   
    A ces mots, la pomme de pin du numéro 7 s'ouvrit comme par magie. Avec un mélange de crainte et d'excitation, les créatures s’engouffrèrent à l'intérieur du séquoia et crurent être entrées dans un rêve. Un hall énorme illuminé par des torches révélait les dimensions extraordinaires du conifère. L’intérieur était curieusement meublé avec une multitude de tables et de bancs pour accueillir les nombreux invités. Ceux-ci y prirent place. En attendant d’être servis, ils discutaient le goût de leur hôte, jalousant le tapis en poussière et le plafond en mousse, et admettant que la tanière de monsieur Lynxu démontrait un goût plutôt raffiné. Plus tard, quelques-uns commencèrent à chanter de vieilles chansons et à jouer de la musique. Grâce à l’habileté fort remarquable de leurs griffes, ils pouvaient facilement pincer les cordes d'une guitare dont le son devenait aussi bon que celui d'un beau concert. Minuit sonnait lorsqu’un grandiose poisson leur fut servi. C’est alors que des jeunes lynx se prirent tout à coup à crier :
    « Nobi, un DISCOURS !

    - Qu’avez-vous dit ? protesta Nobi, inquiet. Il savait très bien raconter des histoires, mais il n’était pas très doué pour les discours. Surtout, il n’en avait pas préparé et il n'avait pas envie de se risquer à improviser.

    - Fais-nous un discours, un DISCOURS ! crièrent les jeunes ardemment, flairant l’appréhension de Nobi. Ensemble, ils le poussèrent vers une plate-forme, le forçant à y monter et à prendre la parole devant l’assemblée réunie.
   
- Mes chers invités, dit-il alors timidement, bien forcé de prononcer ce discours impromptu.
    - SHH ! sifflèrent les jeunes lynx, feignant de réclamer le silence tout en faisant beaucoup de bruit.
   
- Voulez-vous vraiment que je fasse un discours ? demanda-t-il, dressant ses oreilles avec l’application d’un chat qui ouvre la chasse.
    - OUI ! Tu as déjà commencé, s’écria une jeune demoiselle Lynxari, avec un large sourire. Cela ne te ressemble pas de t’arrêter au milieu d'une phrase. On va t’écouter comme un oracle.
   
- Bien… je serai bref, marmonna-t-il, redressant ses moustaches. Heu, soyez les bienven…
    - Ho ! Ho ! Ho ! Bon vieux Nobi ! » hurlèrent les jeunes lynx, l'interrompant pour l'embarrasser.
Mais dans un effort pour imposer son autorité, Nobi éleva sa voix et déclara :
   
« Mes chers Lynxeki, Lynxishi, Lynxaki, veuillez m’écouter. Et vous aussi, mes chers Lynxuki, Lynxomoi, Lynxsashi : je vais sous peu quitter Ville-en-Bois, ma famille et mes chers amis, car je veux entreprendre un long voyage jusqu’à la Cité qui se situe, comme vous le savez, de l'autre côté du monde.     - Nobi l’intrépide globe-trotteur ! Hourrah ! » hurlèrent les autres dans un tonnerre d’applaudissements. Ils burent à sa santé et frappèrent leurs verres pour qu’on les remplisse à nouveau. Des cris de « bonne chance ! » retentirent de partout, et ils entonnèrent en chÅ“ur une vieille mélodie :      
                                                        Oo Nobi-o !
                                        Dix becs pour Dame Lynxari,
                                    Et cent becs pour Kata Lynxsashi !
 

    Cette plaisanterie gênait Nobi qui se sentait de plus en plus mal à l’aise. Mais il reprit confiance en lui et poursuivit son discours sur une tonalité plus grave :

    « … Vous connaissez ma vieille histoire… vous savez que j'ai toujours rêvé d'aller à la Cité des grands elfes, en raison d'un livre que j’ai lu : Les histoires fantastiques des grands elfes (par E.K. Lynxagari). Bien qu'ils soient censés être très avancés dans leurs connaissances, ils ignorent cependant tout de l'intelligence des animaux. Cela m'étonne tellement que je voudrais voir ces créatures de mes propres yeux. »

    Tandis qu'il parlait, les autres tenaient leurs propres discussions :
« Pourquoi ne se choisit-il pas une fiancée au lieu de lire des livres? 
    - Oh tu sais, il ne faut pas trop l’écouter. Et personnellement, je ne me risquerais jamais à faire un discours.
    - Non, tu as en effet trouvé mieux à faire que lui puisque tu es confortablement assis et tu n’es pas assez idiot pour oser prendre la parole devant tout le monde ! »
 
   
    Un peu plus tard dans la soirée, Nobi abandonne sa famille et ses amis dans le but de réaliser son rêve. Arrivé en ville, il entend des pleurs et des cris qui proviennent d’une siamoise appelée Geta. Celle-ci étant maltraitée par un nain, Nobi risque sa vie pour la sauver. Reconnaissante, la siamoise l’invite dans sa maison, et les félidés se racontent mutuellement leur vie : Nobi lui parle du Pays des Lynx et Geta de sa vie avec Paul, son maître. Cependant, le monde de Geta semble très étrange aux yeux de Nobi, le chat sauvage qui ignore tout de la vie domestique. Il se comporte donc en tant que tel, et commet bêtises sur bêtises. Les chapitres II à X décrivent toutes les farces que Nobi commettra sur le dos de Paul. Il affile ses griffes sur ses chaises, endommage sa télévision, déchire son couvre-lit et crée un chaos général. Comme l’homme ignore tout de la présence du lynx dans sa maison, il pensera tout d’abord que celle-ci est le théâtre d’un crime, pour ensuite croire à la visite d’un ours. Il s’affole, a de drôles de réactions et perd l’esprit. C’est au travers de l’homme que le lynx explorera ses qualités telles que son courage et sa discrétion. Tous les moyens sont bons pour constamment démontrer ses brillants traits de lynx. Au fil des événements, Paul devient toujours plus fou, ce qui le distanciera de Geta et consolidera l’amitié entre les félins. Lors du premier soir chez Geta, les chats s’aventurent sur le toit. Mais quand Paul ferme la lucarne, les félidés sont condamnés à y passer la nuit entière. De plus, deux souris appelées Seki et Ko avaient déjà espionné le lynx, ce qui va créer considérablement plus de suspens. Elles décident d’avertir un grand pitbull très dangereux pour les aider à chasser le monstre qui n’est en fait autre que Nobi :  

    « Ce monstre mange des écureuils ! l’infâme ! dit Seki, la souris femelle, une petite créature grise recroquevillée en une pelote poilue. Cela ressemble à notre chair, n'est-ce pas?
    - Tu as absolument raison, dit Ko, son congénère mâle.

    - Ce gros farfelu serait donc susceptible de nous manger. Oh, il va nous frire avec des oignons !

    - Mais non ! Quel non-sens ! S'il nous mange, il nous avalera tout cru et sans oignons, ce qui sera bien assez pénible.

    - Quel chat titanesque : On dirait l’oeuvre du diable!
   
- C’est bien pire : C'est un grand chat sauvage, releva Ko, en tremblant comme une feuille.
    - Aah, pas un chat sauvage, ou je meurs ! gémit Seki d’une voix à peine audible.

    - Ce sont des nouvelles pour le pitbull.

    - Oui, il n’en fera qu’une bouchée ! Vite !! Regagnons le bas du toit et allons l'avertir ! » dit Seki, alors qu’un mélange de panique et d’excitation se propageait dans tous ses membres. Se mettant au défi de combattre le lynx avec l’aide du pitbull, les souris se précipitèrent vers le bas du toit jusqu'à l'extrémité d’une gouttière.
    « Ce canal nous servira de passage : Vas-y ! dit Seki en poussant Ko dans le vide. Tu ne crains rien, jamais ce stupide chat sauvage ne te repérera là-dedans.

    - Oui … euh … non ! dit Ko en s’agrippant à l’autre. Vas-y toi d’abord ! Ooh, ça descend à la verticale !

    - Vas-y ! Vas-y ! Il suffit de te laisser glisser le long du tuyau jusqu’au sol. »

    Finalement les souris, s’agrippant l’une à l’autre, chutèrent ensemble dans la gouttière. Elles interrompirent leur conversation pour pousser des petits cris sauvages qui s’amplifiaient au fur et à mesure que le vide s’ouvrait sous leurs corps. Après une longue chute, elles se heurtèrent contre une courbe du tuyau qui bifurqua leur direction et ralentit quelque peu leur rude cascade. Elles purent alors reprendre leur dialogue.
« J’ai mal partout ! J’ai des bleus à ne plus en finir ! pleura Seki.
    - Un saut dans le vide n’aurait pas été pire ! grogna Ko.
    - Où sommes-nous ?

    - Tiens, pardi ! Toujours dans la même gouttière ! répondit Ko de mauvaise humeur à cause de ses membres endoloris.
 

Voilà alors que ces souris avertiront le très dangereux pitbull pour les aider à chasser le lynx. Plus tard dans l’histoire et au cours de différents périples, Geta et Nobi se retrouvent coincés sur le toit et doivent trouver une solution pour retourner à l’intérieur de la maison. Un aigle appelé Shimari Aigletashi va les aider :  

    Le rapace écarquilla soudain les yeux d’un air terrifié, persuadé qu’il allait être attaqué. Il se tenait à distance respectueuse du lynx qui le guettait et qui soudain, lorsque la lune se leva pour verser ses faisceaux sur lui, présenta sa très grande taille.

    « Qu’est-ce que ce gigantisme de chat ? » dit l’aigle d’une petite voix faible qu’aucun n’entendit. Accrochant ses serres sur le bord de la couronne de cheminée, il pencha son corps pour examiner Nobi, gonflant ses yeux qui sortaient déjà presque de leur orbite. On pouvait penser qu’il allait émettre encore d’autres vers bizarres, mais il posa une question convenable :

    « Qui êtes-vous ? »

    Sur ce Nobi se présenta avec une certaine sociabilité avant de lui demander à son tour son nom.
    « Je m’appelle Shimari Aigletachi, répondit le rapace sans enthousiasme mais d’une voix polie. Il valait mieux respecter un félin de cette stature.
    - Heureux de faire votre connaissance, Monsieur Aigletachi ! dit Nobi. Qu’êtes-vous exactement ? Vous avez la taille d'un canard, mais je n'en ai jamais vu un qui sache voler et chanter en même temps.

    - Un canard ! vociféra Shimari, outragé. Ça par exemple ! Prendre mes serres pour de misérables pattes palmées !
    - Oh pardon ! Je ne voulais pas vous offenser, s’excusa Nobi. Mais je m’étonne de votre ressemblance à un croisement entre un canard et un vautour.

    - Absolument pas ! dit Shimari, encore plus vexé que tout à l’heure. Ne voyez-vous donc pas à mon grand bec crochu que je suis un aigle ? »

    Shimari tourna sa tête, lissa ses plumes et se montra en cet instant moins enclin à converser avec le lynx qui, lui, s’était complètement relâché.

    « Comme c’est intéressant de faire connaissance avec un rapace ! dit-il sur un ton claironnant. Dites-moi, Shimari, vous perchez-vous souvent sur une cheminée pour méditer ?

    - Méditer !? marmonna-t-il, dépité. Pfft ! Il faut s'asseoir comme une grenouille pour méditer ! » Sur ce il gifla le lynx d’un grand coup d’aile. « Vieux coq ! éructa Nobi, recrachant une plume.
    - Hein, VIEUX COQ ? ! Moi, NON ! » cria-t-il d’une voix perçante.  

                                                                                *  

    Sa voix était une sorte de grincement et chuintement aigus, et il était minuit passé lorsqu’elle réveilla Paul. L’homme tomba de son lit et se remémora à cet instant tous ses malheurs. Et croyant entendre le sifflement du vent à travers son toit, il paniqua à l’idée de devoir dépenser une fortune en réparations. Gisant sur le sol, tout courbaturé, il regardait son plafond fixement comme s’il allait s’écrouler sur lui. Le silence revint enfin, encore imprégné de tension. Le pauvre Paul tenta de retrouver son merveilleux sommeil qu’il savait d’avance gâché. Il était à la fois fatigué et terriblement en colère.  

                                                                                *
 
    Un peu plus tard, un vrai vent nocturne s’était levé et gelait les créatures. Ses hurlements ressemblaient à un appel des ténèbres. Un orage accumulé tout près menaçait d’éclater.
    « Oh, gémit Geta, rester ici dans le froid alors que juste en dessous de nous, la maison offre le meilleur des conforts ! Je rêve de retrouver mon chaud et douillet panier ! »  

Mais les chats devront payer le service rendu par Shimari. Ils volent alors de l'argent à Paul et se chargent de retrouver l’aigle pour s’acquitter de leur dette. Mais celui-ci habite tout près du territoire de Pete Bull, le monstre de pitbull. Nobi doit donc faire preuve de courage et d’intelligence pour gagner la bataille contre le molosse.   Arrêtons-nous ici avant que je ne vous raconte toute l’histoire !  

J'espère vous avoir offert un bref aperçu de l’imaginaire qu’offre ce conte. Ayant présenté un personnage nouveau, un lynx magique, dans deux classes d’école en 1998, la réception des enfants fut si chaleureuse et sympathique qu’au fil du temps, il en est ressorti ce conte. Mon but est bien sûr de donner une grande envie aux lecteurs et lectrices de lire ainsi que d’apprécier des valeurs écologiques transmises sous forme d’un conte.     © Monique Golay  

Ci-dessous figure le portrait de Nobi:


Et voici comment il faut imaginer la conversation entre Tsugi Lynxeki et Sabaki Lynxishi lorsqu'ils se consultèrent sur la disparition de Nobi:




Les noms des personnages sont empruntés du jeu de Go. Le site http://www.swissgo.org/ vous donnera de plus amples informations. Cet ouvrage fait le lien entre le jeu de Go et le monde animalier, amenant les lecteurs et lectrices à faire une réflexion sur le territoire et l'espace.

Coucs! c'est moi.

Ne sachant pas si j'ai des ventes et si je pourrai un jour vivre de ma plume, j'ai tout de même presque fini un deuxième roman. Ne vous effrayez pas du titre:

La Fille photon                                                                                          et les terroristes du passé au service de la Reine du Danemark.

Lois du copyright selon la législation de Berne (Suisse).

Le texte est inspiré de mon quatorze fois arrière grand oncle Joseph Jacot Guillarmod (1603-1698), Lieutenant-Colonel au service de Danemark (écrit par Olivier Clottu, édité à Neuchâtel, Suisse). J'espère que ma famille m'excusera d'appeler notre ancêtre un "terroriste du passé"! Euh, et à quel que part, cela pourrait inclure les ancêtres des suisses ... c'est pas très bien de les appeler des sortes de hors-la-loi. Non, je rigole. Vous trouverez plus de détails sous la rubrique "Historique du texte". Pour l'instant, voici quelques extraits en italique:

La Fille photon                                                                                          et les terroristes du passé au service de la Reine du Danemark.

   Cette histoire fait dérouler le Feu de Londres de 1666 selon une légende transmise de génération en génération. Il n’en subsiste qu’un fragment écrit, mais l’abondance des détails font que cet ouvrage est le mieux attesté de tous les documents. Il est certes un peu romancé, mais il existe de si nombreuses versions sur cette incendie qu’on ne sait plus que croire. Même la date n’est plus vraiment fiable: à cause d’une machine à voyager dans le Temps, l’être humain n’a plus su comment définir l’an zéro. Bien pire que cela, les jours et les heures pouvaient se transformer tantôt en secondes, tantôt en siècles. Parfois même on recourait à un décompte négatif pour les années antérieures au moment précis de l’an zéro – sauf que ce moment précis n’existait plus … Plus personne ne s’y retrouvait! On a alors essayé de s’en remettre à d’anciennes traditions, fondées sur un calendrier lunaire. Mais seuls quelques rares savants réussirent à situer les années avec précision.

   Puis on a occulté de nombreux livres, surtout ceux des premiers voyageurs dans le Temps. Mais fort heureusement, un conte fut précieusement gardé au fin fond d’un monastère, et c’est par un curieux hasard qu’on le retrouva. On y découvrit alors des informations très secrètes sur les Débris d’étoile – une sorte de poudre des cieux qu’on s’est toujours efforcé d’ignorer à cause des phénomènes étranges qu’elle provoquait. Les chroniqueurs utilisèrent d’ailleurs des runes pour coder leurs observations auxquelles le public a encore difficilement accès. Toutefois, vous découvrez ici les plus incroyables histoires liées à ce très mystérieux sable cosmique que la famille Lumière utilisa. Ceux-là, quels personnages! Rien qu’en entendant le centième à leur sujet, toute autre histoire vous paraîtra bien banale. En les voyant, vous ne vous douterez de rien. En effet, ils ressemblent beaucoup aux êtres humains, mais la question se pose quant à les qualifier d’hommes ou de femmes.

   Leur taille et leur chevelure dépassent la normale, et ils sont prédisposés à manger nettement plus que la moyenne sans que cela ne se remarque (trop). De vrais hobbits made in Switzerland. Ils connaissent une longévité étonnante malgré le fait qu’ils s’embourbent dans des affaires personnelles où ni vous, ni moi ne se risquerait à fourrer son nez! Et à la fois aventureux et épicuriens, ils ont la réputation d'être des globes-trotteurs intrépides, sans se priver de leur fâcheuse manie de réapparaître lorsqu'on les croyait morts. Dotés d'un esprit vif et hardi, ils ne se font pas toujours des amis – citons par exemple l'audacieuse entreprise d'une certaine Anne Lumière qui utilisa une poignée de Corpuscules Astronomiques pour remonter le Temps et reculer pas moins de quatre siècles en arrière. Quel jeu! N’avait-elle donc pas peur de se mettre en retard pour le goûter? Je ne m’y serais jamais risqué… Mais elle n’avait pas hésité un seul instant, et il vous est permis de la qualifier de " pas très sage " en tous cas. Alors, si c’était une fée, on pourra même la trouver dangereuse. Certains disaient d’ailleurs qu’elle n'était rien d'autre qu'une sorcière drolatique qui embarrassait tout le quartier car toutes sortes d’ennuis jaillissaient de la façon la plus remarquable partout où elle allait. D’autres auraient remarqué qu’elle gardait de la Poudre de fée dans ses poches qui, lorsqu’elle s’en saupoudrait, lui permettait non seulement de disparaître, mais aussi de voyager dans le Temps. Ce ne sont là que des rumeurs, mais je pencherais néanmoins pour la seconde variante …

Assez tôt dans l'histoire apparaît un personnage drôlatique que j'aime bien: Pétel II qui est un père d'église miniaturisé par ses voyages sur de la poussière d'étoile. Mais le pauvre se fait traiter méchamment de "papi éternel" par les gobelins cosmiques qui vivent dans l'espace:

   Elle se vautra au fond de son tapis, et se mit à rêver à sa lointaine petite chambre au merveilleux confort. Elle était absorbée dans ses pensées de lecture au chaud dans son lit douillet lorsqu’un grognement à ses oreilles l’informa qu’un gobelin la frôlait. Elle s’accrocha alors à son tapis, fit une suite de cercles et fila dans la direction opposée. Après avoir évité une nouvelle attaque, elle se retourna pour voir quelles étaient ces créatures repoussantes. Elle observa alors que dans le silence et l’immobilité de l’espace, ces horribles démons se parlaient entre eux. Malgré la dissonance de leur abominables voix, elle percevait des phrases compréhensibles :

   - Cette fée n’est pas très grasse, dit l’un des gobelins. Un vrai sac d’os ! Pas grand chose à manger mais tout de même mieux que rien.

   - On va la piquer avec nos fourches pour tâtonner l’épaisseur de sa chair, dit un autre qui s’approchait de la pauvre fée. J’ai mortellement faim. Cette cantine du monastère me désespère.

- Ne la laissez pas filer si vite et pendant si longtemps, dit un troisième démons aux cornes particulièrement menaçantes. Elle est maigre à mon goût, si mince même qu’elle pourrait se désintégrer. Dans notre éternité, ce que la matière disparaît !

- Ou nous pourrions la garder vivante, suggéra un autre. Bien l’accueillir, la traiter comme un petite reine puis … lui montrer juste un peu d’obéissance et, après, hé ! hé ! on fera d’elle ce qu’on veut ! l’utiliser comme bon nous semble !

- Pas bête ! siffla un cinquième qui les avait rattrapés au vol. Je l’aime presque, cette fée, qui nous remémore les sombres pages de l’histoire. Songez, Messieurs, le feu de toute une ville !

- Oui, en effet ! Utilisons-la ! Elle nous fera un Rapport sur les Misères des Humains ! ça promet ! une propagande assurée ! capturons-la !

   Anne qui les avait écouté un instant de trop hésita, et un projectile brûlant atteignit son pied de plein fouet. Une sensation étrange et inquiétante gagna alors sa jambe, depuis l’orteil jusqu’au genou. Elle avait l’impression que son pied s’enflait comme un gros ballon de fête. Elle s’arrêta net, sur quoi l’un des démons rouges vola jusqu’à ce qu’il fut arrivé auprès du tapis étincelant suspendu dans l’espace. Oscillant dans le vide, Anne fut horrifiée de sentir la chaleur émanant des fourches qui l’entouraient et la tenaient prisonnières. Elle se trouvait dans l’incapacité de faire le moindre mouvement.

- Et voilà une bonne chose de faite, très aimé Patron ! dit l’un des démons.

- Bravo, Bazozo ! répondit celui-ci. Faudra juste anesthésier son pied, puis … le reste, et ensuite donner à ce corps amorphe une nouvelle vie. D’un mollusque on en fera une fausse fée ! Une sorcière fraîchement recrutée ! Que l’on emmène chez le guérisseur !

- Non ! protesta-t-elle. Laissez-moi tranquille !

   Elle essaya de repartir mais elle se trouvait emmêlée dans les mailles de son tapis que les fourches avaient accroché pour la refermer à l’intérieur, comme le font les pêcheurs avec les poissons.

- Arrête de gesticuler, peste de fée ! dit Bazozo d’une voix hideuse. Nous n’allons ni te tuer, ni te manger, mais juste utiliser sur toi un sortilège très banal.

   L’infirmerie de l’Enfer était une salle sphérique. Fait en rosace, un plafond parfaitement rond comme un hublot laissait entrevoir des reflets de flammes. Un lit avait été recouvert d’une draperie en velours pourpre pour accueillir Anne. Sur des autels en forme de T reposaient les récipients du guérisseur Pagaguetto, un sinistre démon à la robe de sorcier, aux cornes pointues et à la voix chuintante. A ses côtés se trouvait son assistante, une sorcière très sexy aux collants noirs, aux jolies paillettes répandues sur tout le décolleté et aux talons aiguilles aguichantes.

- Tenez ma fourche, dit-il à son assistante alors qu’il saisit un flasque dont l’étiquette indiquait :
Grandir. Avale ça, petite nigaude ! ajouta-t-il à l’adresse d’Anne en versant le liquide dans un verre qu’il lui tendit. Tu as été prise au piège dans ton propre tapis comme une misérable mouche dans une toile d’araignée ! ha ! ha ! ha !

   Forcée à gober la potion, Anne toussa en cherchant à recracher le liquide, mais le guérisseur plaqua le flacon contre ses lèvres jusqu’à ce qu’elle engloutisse le tout. Avalant de travers, elle toussa à nouveau en essayant de rejeter au moins quelques gouttes.

- Allez, bois ! hurla le guérisseur. Tu refuses de grandir ? Faudra bien que tu deviennes une nana un jour !

- Ne sois pas si cruel ! dit Bazozo. Cette potion n’est pas très bonne boire, au contraire. De plus, elle va passer un mauvais quart d’heure : solidifier un pied désintégré, c’est tout de même assez douloureux ! Et ça fait encore bien plus mal que lorsqu’à l’adolescence les cornes commencent à pousser sur le front.

- Bon ! Très cher Patron : j’aimerais bien savoir ce qu’elle a fabriqué avec ce tapis maillé des lumières du Papi Spirituel, dit ironiquement le guérisseur.

- Ça promet ! répondit Bazozo. L’homme a découvert la diode, le transistor et l’ordinateur. Pas mal, pour ces mortels ! Et c’est une gamine qui invente une machine à voyager dans le temps. Préparez-vous à en voir encore d’autres !

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