C'est à l'âge de 12 ans que j'ai vu un lynx en grandeur nature, dans la forêt jurassienne entre Pontarlier et Les Verrières (Suisse, canton de Neuchâtel). Si, si, si, je vous le promets: les lynx sont en général plus farouches que de nombreux autres animaux sauvages, mais ce fut au printemps que j'ai vu cette apparition, saison où les lynxettes mettent bas et prennent des risques inconsidérés.
Avec le temps, l’idée de créer un livre pour enfant a finalement germé dans ma tête jusqu’au jour, en 1992, j'ai écrit un premier texte sans suite. Puis, en 1998, ce fut la révélation auprès des enfants: Le lynx magique est un personnage qui les attire!
Puis, ce fut la rude tâche d'écriture. C'est petit à petit qu'on avance, avec persévérance ... La vie n'est facile pour personne, mais il faut persévérer! Et voilà que Nobi Lynxu, La fabuleuse épopée d'un lynx amoureux, prendra vie grâce à vos lectures ...
Je parlais des hobbits, en faisant un rapprochement (plus ou moins douteux) avec la "Famille Lumière" et leur rapport à la nourriture. JRR Tolkien dit des mots sympathiques pour notre beautiful Switzerland, notamment que le contraste entre son enfance d'orphelin très pauvre et sa visite de l'Interlaken, du Lauterbrunnen, Mürren, Scheidegge, Grindewald, Jungfrau, Silberhorn, Col du Grimsell, Rhône, Brig, glacier d'Aletsch et Zermatt en 1911, fut une expérience mémorable ("it was a remarkable experience for me at 19, after a poor boy's childhood" dans "The Letters of JRR Tolkien", et l'avait profondément marqué ("[...] had the deepest effect on me", et même que sa visite du Valais lui avait donné la base du voyage de Bilbo de Rivendell à l'autre côté des Monts Brumeux. Il (Tolkien, pas Bilbo) faisait partie d'un groupe de 12 étudiants juste avant son entrée à Oxford, qu'il qualifie de hobbits: "Then the pangs of hunger smote us, and one of the hobbits of the party (he is still alive) shouted 'lunch' and wrecked the dam with his alpenstock." Mais bon, je m'arrête ici: si on fait trop plaisir aux Valaisans, ils risquent de ne plus rester si modestes.
Autobiographie familiale agrémentée d'une peinture de mon 14 fois arrière grand oncle le lieutenant-colonel au service de Danemark, Joseph Jacot Guillarmod, ci-dessous:
Comment le trouvez-vous? J'y vois un air de famille par les mâchoires un peu carrées... Voici un extrait historique: "Joseph Jacot-Guillarmod : Né en 1603 à Clermont sur Renan, il est l'aîné de dix-sept enfants. C'est un jeune homme très turbulent. Selon l'histoire traditionnelle de ma famille, il a jeté son tuteur au travers de la fenêtre. Mais je ne veux pas donner de mauvaises idées à mes élèves qui liraient ces lignes. Bon, les miens ont maximum 14 ans, alors que Joseph avait 15 ans lorsqu'il eut ce geste intempestif. Et à cet âge-là, il part en France et est incorporé dans un régiment impérial allemand. Il devient ainsi un mercenaire. En 1652 il est au service des Danois contre les Suédois et il devient lieutenant-colonel. En 1678, il rentre au pays. Il vit désormais dans la propriété de la Petite Chaux-d'Abelle qu'il appellera "Chez le Colonel" d'où la Coronelle. Il expire à Clermont en 1698 et est enseveli à l'intérieur du temple de Renan.
Ci-après, je vous présente une photo de mon arrière grand-mère, femme du peintre Jules Jacot Guillarmod, ami proche du célèbre peintre Albert Anker.
4è personne depuis la gauche: mon arrière grand-mère, femme du peintre Jules Jacot Guillarmod, ami proche du célèbre peintre suisse Albert Anker. Son oncle, Fritz Courvoisier, avait organisé la Révolution (c.f. prochaine photo de sa statue). Il venait de la Montagne, disait-on, à cheval, en provenance de la Chaux-de-Fonds. Lorsqu'il arriva aux portes du Château, on les lui ouvrit car il incorportait l'esprit de la Révolution. Partout en Europe, on se révoltait contre l'autorité des princes. Fritz Courvoisier prit acte en 1848 dans le Canton de Neuchâtel. Il ne possédait pas d'armée, mais seulement une bande de patriotes qu'il avait organisée. Une statue est érigée à son honneur dans la ville de Neuchâtel. Avant cela et dès 1815, Neuchâtel était gouverné par le roi de Prusse, ce qui ne fut pas une mauvaise affaire pour les Neuchâtelois, car les Prusses étaient assez puissants pour les protéger, et trop éloignés pour les déranger.
Reculons dans le passé, en 1848. Voici la statue de l'oncle de mon arrière grand-mère, Fritz Courvoisier, http://fr.wikipedia.org/wiki/Fritz_Courvoisier
à gauche, mon père entre 1 et 2 ans, en jupe; à droite, ma grand-mère. Lieu: Neuchâtel, vers 1903-1904. Le frère de ma grand-mère était l'explorateur et alpiniste dans l'Himalaya en 1902 et 1905, le Dr Jules Jacot Guillarmod.
Vous trouvez plus d'information sur les expéditions himalayiennes sous: http://en.wikipedia.org/wiki/Kangchenjunga
à gauche: mon grand père, professeur de violon, ayant du sang juif "caché" dans sa famille; au milieu, mon père en jupe (ce qu'il détestait porter); à droite, ma grand-mère (que je n'ai jamais connue mais qui connaissait mon existence 2 ou 3 mois avant que je ne sois née (à Eindhoven, aux Pays-Bas).
à gauche, mon père pendant la 1ère Guerre Mondiale, à droite, mon oncle Jean (qui correspondra plus tard avec C.-F. Ramuz au sujet de sa poésie religieuse et autres, comme ses pièces de théâtre).
à gauche, mon père; à droite, son frère en jupe. À l'époque, on habillait les jeunes garçons en jupe, puis la mode à changé, juste vers le tout début du vingtième siècle, en Suisse. Alors mon père, qui avait dû porter des jupes jusqu'à l'âge de 4 ans, pensait que son frère, qui avait dû porter des jupes jusqu'à l'âge de 3 ans, lui était redevable d'un an de port de jupes.
Trois cousins de mon père, les enfants de son oncle Joseph Jacot Guillarmod (Attention, pas le Joseph qui était mon 14 fois arrière grand-oncle, qui a lancé son tuteur au travers de la fenêtre vers 1619 ou 1621, qui avait été l'amant de la Reine du Danemark et qui m'a inspirée pour mon roman "La Fille photon"). La 3è personne depuis la gauche, Marcelle appelée Loulette, mourra de manière dramatique, puisqu'elle s'immolera par le feu dans sa maison. Ma théorie est qu'elle n'a pas supporté de perdre sa maison léguée à son frère. Sa rébellion serait venue de la Révolution des étudiants de 1968 qui prônait "Interdiction à l'interdiction". À l'époque de Loulette, il était coutumier de léguer les immeubles aux garçons de la famille, tandis que les filles héritaient des meubles et des tableaux si elles ne se mariaient pas.
Mon père, Marcel Jules Edouard Golay. Sa famille à Neuchâtel l'appelait "Le Cousin d'Amérique". Il tient dans ses mains l'un de ses nombreux prix. Il a obtenu tous les prix de physique/chimie, sauf le Prix Nobel.
Ci dessous figure la biographie de mon père que j'ai rédigée:
Le cousin d’Amérique
Papa’s Biography, Marcel J. E. Golay
par Monique Golay
I
L’ambiance euphorique d’avant les Deux Guerres
La photo vérascopique de l’oncle de mon père, le Dr Jules Jacot Guillarmod, présente une magie semblable à celle dans les photos de la célébrissime Joanne, dont les personnages bougent et vous regardent.
La photo est en trois dimensions, sur verre. Le reflet du verre fait scintiller le blanc des yeux, les bouteilles et la vaisselle de la table, ainsi que la lumière au travers de la fenêtre. Une tablée de fantômes souriants vous accueille pour vous donner une vision extraordinaire du passé. Quatre jeunes couples mariés fêtent leur bonheur dans l’insouciance des deux futures guerres mondiales. Y figurent Jules et sa famille. Sa sœur, ma grand-mère Hélène et mère de Marcel, s’y trouve peut-être.
Hélène JG réussit son gymnase à une époque où « ça ne se fait pas » qu’une femme étudie. Contrairement à ses trois frères qui finiront une formation professionnelle supérieure, son gymnase ne lui a pas donné les outils d’un métier. L’un de ses frères lui dit : « Hélène, quand donc vas-tu gagner ta vie ?! ». Piquée au vif par cette remarque injuste, Hélène part pour la Tunisie comme missionnaire où elle enseigne l’anglais. Revenant de son aventure, infectée de la Malaria qu’elle gardera toute sa vie, elle rencontre son futur mari Jean Golay dans le train. Elle insistera à le marier, contre la volonté de ses parents. Plus tard, ce mariage s’annoncera désastreux par le faible revenu d’enseignant du violon de Jean et par son alcoolisme.
II
La nouvelle de la naissance de Marcel atteint l’Himalaya où se trouve son oncle Jules qui écrit ces lignes :
« Plusieurs lettres n’ont mis que 35 jours depuis la Suisse et toutes m’apportent de bonnes nouvelles, entr’autres celle que je suis oncle depuis le 3 mai. Nous nous empressons, Knowles et moi, de souhaiter à ce petit neveu la bienvenue dans ce monde, en faisant remarquer à ses parents qu’il est probablement le premier nouveau-né Européen qui reçoive des félicitations d’aussi haut ; quand il saura lire et comprendre ce que nous lui écrivons, peut-être germera dans son esprit l’idée d’envoyer à son tour des messages d’oncle, de régions plus élevées et plus éloignées encore. »
De « Six mois dans l’Himalaya », 1902, par Dr. Jules Jacot Guillarmod.
Pour vous situer l’histoire, Marcel est né une année avant que la physicienne Marie Curie obtient son premier Prix Nobel en 1903 avec son mari et savant Pierre Curie. Son oncle Jules, l’explorateur ne s’entend pas avec Aleister Crowley, son compagnon d’alpinisme. Mais les deux hommes s’uniront grâce au jeu d’Echecs. Dans sa vie, l’Oncle Jules écrira 6'000 pages de journal qui sont actuellement numérisées par la Bibliothèque de la Chaux-de-Fonds et la Bibliothèque de Neuchâtel. J’aurai aimé les dactylographier, mais la compétitivité étant, cette tâche difficile sera donnée à Madame […], historienne. J’avais l’idée que cette numérisation pouvait s’effectuer par l’«infra red detector», invention de Marcel pendant la IIè Guerre Mondiale. (1) Parallèlement, un étudiant sous l’égide du professeur Bunke, mathématicien à l’Université de Berne, va numériser ce journal au travers d’ordinateurs et de logiciels d’institut. L’Oncle Jules a pris 5'000 photos vérascopiques qui sont en voie de digitalisation par les mêmes bibliothèques.
III
Enfance dans la pauvreté
Les suisses du début du Vingtième Siècle n’avaient que très peu de chauffage et juste un peu d’électricité. Jean Golay, son père violoniste, gagne misérablement sa vie. Comme cela se faisait à l’époque, tout l’argent de la famille Jacot Guillarmod part entre les mains des garçons, l’aîné Jules en premier.
Marcel fait sa première réflexion métaphysique et existentielle à l’âge de douze ans :
« For the seeds of this little essay I will turn my thoughts back some sixty years to a personal experience such as, I would guess, has been had as well by other small boys who had done also what some, wrongly I think, consider too advanced reading for their young age. And here it came on that occasion when I was going shopping with my mother, walking alongside, letting my thoughts play freely, then suddenly coming to a focus on some metaphysical dilemna to which my reading had led me : suppose there had been nothing, no space, no time, not matter, no universe, no « I » in it – just nothing. Ah, but there is something, there is a world outside of me, yet with me in it, playing my part in it, and slightly grateful for it all. There was a little rain falling on the cobblestones that day, and I remember the spot within two yards. »
De « Science and Absurdity : The Tortuous and the Narrow,
Par Marcel J.E. Golay (env. 1972)
Marcel se souvient également des toilettes chez Albert Anker, ami proche de son grand père, père de Jules, le peintre animalier Jules Jacot Guillarmod – du même nom que son premier fils: À l’époque, la cuvette des adultes était plus grand que celui des enfants. Parlant d’artistes, le père Jules de Jules avait à maintes reprises arraché les dessins des mains de son fils Marc, le prévenant: « Tu ne deviendras pas un artiste! ». Son avertissement jaillit de sa propre expérience de peintre. Sa santé se détériora considérablement par son travail au Gothard, les pieds dans la neige et le froid. Il attrapera la Tuberculose. De plus, l’époque condamne les artistes à une vie matérielle très difficile, encore pire qu’aujourd’hui.
Mais l’ambiance est heureuse : entre randonnées à ski et parties d’Echecs à Chincul, une grande ferme entre Pontarlier et Les Verrières dans le Jura Neuchâtelois, Marcel, ses parents, oncles, tantes et grands parents savent s’amuser. Son frère Jean est né en 1906, quatre ans après lui. À l’époque on habillait les garçonnets en jupe. Marcel dira plus tard à sa première fille dans une interview orale que la mode des garçonnets en jupe changea et que son jeune frère avait une dette envers lui d’un an de port de jupes.
IV
Scolarité stricte et sévère
À l’époque de la scolarité de Marcel, les élèves n’ont qu’un seul livre par classe. Le professeur écrivait la donnée au tableau et une faute de copie était sanctionnée par un trait rouge au travers de la feuille. Marcel est brillant, mais ne se conduit pas très bien. Il pose des questions pour tester les connaissances de son professeur, si bien que celui-ci lui demande : « Golay, vous me demandez pour voir si je sais ?! ». Sa mère Hélène va voir le directeur pour lui dire que Marcel mérite sûrement de meilleures notes, ce qui fut le cas. Un jour, Marcel n’avait pas étudié. Le professeur l’appelle au tableau et voyait bien que Marcel n’avait pas fait ses devoirs. Marcel résout tout de même le problème de mathématique et le professeur lui dit : « Golay, vous êtes un mathématicien ! ». S’ennuyant pendant ses vacances, Marcel se distrait en étudiant les mathématiques. Il découvre de lui-même le Triangle de Pascal et les probabilités correspondantes.
Probabilité : C14 = 4 ! / (4-1) ! = 1x2x3x4/1x2x3 = 4 (attention à ma notation, je me suis un peu rouillée car je n’enseigne plus les mathématiques ni la physique depuis 10 ans)
Marcel avait quinze ans. Plus tard, à l’EPFZ, il redécouvrira d’autres fondements des mathématiques qu’il avait déjà découverts plus tôt, pendant ses vacances. Il réussit son gymnase à Neuchâtel. Ses notes sont supérieures à la moyenne, sa note de conduite juste passante. Il est le plus jeune. Son âge et sa taille le rendirent plutôt introverti. On se souviendra de lui comme calme avec une tignasse de cheveux roux flamboyant sur sa tête.
Nous sommes en 1920, et donc en pleine Première Guerre Mondiale. Sa mère Hélène traverse une amère expérience : elle perd une part de son héritage en bourse par de mauvais investissements dans des allumettes. Mais elle possède juste assez d’argent pour payer l’Ecole Polytechnique à Zurich de Marcel, celle de Lausanne n’existant pas encore. À cette époque, rares sont ceux qui peuvent se permettre des études supérieures. Les « Etudiants » sont hautement considérés. Les gens disent avec grand admiration : « Ah, vous êtes étudiant !... » Leur vie matérielle est très austère, ce qui suscite l’empathie de la population.
V
L’EPFZ et le jeu des Echecs.
À l’EPFZ, Marcel s’intéresse à d’autres chapitres que ceux qui y sont enseignés. Il arrive un événement qui ne se passe plus jamais de nos jours, les universités étant submergées d’étudiant(e)s et «bloquées» par le moto «Non à l’interdiction!» proclamé par la Révolution des Etudiants de 1968. Son professeur, Prof. Dr Peter Debye, Prix Nobel 1931, remarque que Marcel possède des connaissances de la théorie des nombres, sujet hors programme. Alors, il le « fait passer », malgré le fait qu’il n’a pas tous ses points. Aujourd’hui, les étudiants doivent recracher exactement ce qui a été dit aux cours, sans divaguer vers d’autres sujets. Marcel doit sa réussite à la très grande ouverture d’esprit de Debye. Il dira de lui : « Debye était un chic type ».(2)
En 1920, Marcel participe à un tournoi d’Echecs à Neuchâtel regroupant les plus forts joueurs de Suisse. J’ai retrouvé dans les archives de l’Impartial, propriété de la Bibliothèque de Neuchâtel, l’article de presse qui annonce le tournoi et les résultats. Nous sommes en fin juillet 1920. Après ses études, Marcel gagnera un tournoi d’Echec, étant le seul à remporter sa partie contre un maître d’Echec en simultanée. La presse lui consacrera un article dont le titre est :
« Golay a sauvé l’honneur du Club d’Echec de Neuchâtel. »
Je me souviens de cela par ouïe dire, et n’ai pas (encore!) trouvé cet article-là. Un industriel américain juif est impressionné et, diplôme d’ingénieur électricien en poche, l’invite à travailler aux Bell Lab, aux USA. Remarquons qu’il obtient son diplôme après trois ans et demi d’étude, la durée des études étant à l’époque nettement moins longue qu’actuellement (env. 1924-1925).
VI
USA, Chicago, 1925 - 1929.
Après avoir travaillé deux ans aux Bell Lab, firme qui fabriquait des téléphones, Marcel s’ennuie et entreprend un doctorat à l’Université de Chicago. Là, une idée lui vint à l’esprit – idée qui, par faute de moyens financiers – ne peut être exploitée. À l’époque, il n’y avait pas d’argent. Nous sommes en 1926-1928, années particulièrement tourmentées. Seulement une année ou deux plus tard, en 1929, les hommes pris dans la folie boursière se jettent du haut des gratte-ciels de New York. Marcel se demande comment il va trouver son prochain repas. Par chance, comme si un petit ange le suivait, il effectue une traduction pour laquelle il demande 1'000 USD. Son mandataire lui dit : « You are expensive, Dr Golay, but O.K. ». En 1928 (3), il a les moyens de contracter une assurance avec « The Northwestern Mutual Life Insurance Company », par lequel il verse 42,10 USD (quarante-deux dollars et dix cents) à sa mère qui subsiste assez difficilement par la coupe du bois de la propriété Chincul, léguée par son frère Jules. Cet argent lui vaudra d’être favorisé dans le testament de sa mère, ainsi que d’aigreur de la part de son frère. Marcel a donc précieusement conservé le document de cette assurance. Il reproche à son frère de n’avoir pas entrepris de bonnes études : la théologie. Mais je trouve que Jean prouvera son talent de bon journaliste méconnu. Il dénoncera courageusement les scandales entre les banques et les églises durant le nazisme, ce qui le conduit à perdre son travail.
Revenant à l’idée de Marcel de 1926-1928: À cette époque de très grandes difficultés matérielles, personne n’investissait dans la physique qui était encore considérée comme de la philosophie, plutôt que comme une science utile. On trouvait la chimie plus indispensable. Si aujourd’hui on compare les déboires boursiers avec 1929, il faut garder à l’esprit que l’argent actuellement dépensé pour la science est incomparablement plus massif qu’alors. Plus tard, son idée fur reprise par […] (4), ce qui lui valut le Prix Nobel. Marcel en gardera un souvenir amer toute sa vie. Il affirmera : « There are more and more Einsteins » et « Many scientists deserve the Nobel Price ». Papa était en manque de Prix Nobel. Sa maman Hélène lui dira à répétition : « Alors, Marcel, tu l’obtiens quand le Prix Nobel ?! ». Marcel gagnera tous les autres prix, de chimie notamment, sauf le Prix Nobel. Ainsi fut son destin.
De son vivant, Marcel ne m’avait jamais raconté sa rencontre avec Albert Einstein. Je l’ai appris en 2000, au travers de Maxime, un partenaire de Go qui jouera à ce jeu avec lui dans les années 80. Nous sommes en 1929, à la gare de Chicago. Marcel s’y trouve avec un ami étudiant. Sur le quai se tient un homme, plutôt de petite taille, cheveux en broussaille blanc. Son ami lui dit : « Regarde, cet homme là-bas, c’est Albert Einstein. ». Les doctorants allèrent alors le féliciter sur ses travaux, notamment sur la plaque photo-électrique qui lui valut le Prix Nobel de 1921.
VII
A person like you should publish
Marcel entend cette phrase et suit le conseil qu’il contient. Il publie dès 1931 et rentre dans le monde des scientifiques célèbres.
VIII
La Deuxième Guerre Mondiale
Le frère Jean de Marcel me dira en 1992 que mon père ne voyait jamais sa première femme pendant le conflit. En effet, il se rendait incessamment à Atlanta. Lors d’un vol en hélicoptère au-dessus des digues pointant en dehors de la côte Atlantique Est, Marcel a l’idée de l’ « infra-red detector ». Ce détecteur, installé sur les missiles des alliés, déviait le missile sur le chasseur allemand en direction duquel il était envoyé, par l’énergie cinétique – c’est-à-dire – l’énergie due à la vitesse du chasseur. Jean me dira en 1992 : « Ah, il a fait fort, avec ce détecteur. » Marcel travaille pour le Gouvernement Américain, très haut placé, comme Colonel. Quand j’en parlais vers l’an 2000, Maxime me disait : « Monique ! c’est top secret, ce que tu racontes ! ». Mais je ne sais toujours pas si cela est réellement le cas. Durant la Deuxième Guerre, Marcel rencontre Neils Bohr. Je sais qu’il a également rencontré Rutherford et Fermi.
Hitler, qui avec son armée de bons officiers était très près de gagner la guerre, avait commis deux fautes. La première, comme Napoléon, il attaqua le front russe. Les soldats russes étant plus habitués au froid que les soldats allemands, l’emporteront. La deuxième erreur : il persécuta les juifs qui comptaient en grand nombre parmi les professeurs de mathématiques et de physique à l’université, ainsi que les scientifiques. Ce réservoir de savants se réfugia aux USA, donnant aux américains un net avantage. Surtout, les alliés purent alors développer les armes à infra rouge, ce qui les permit d’attaquer la nuit. Ce ne fut donc pas la bombe H qui marqua la victoire des Alliés, mais les deux erreurs d’Hitler. J’ai eu de nombreuses discussions avec mon père au sujet de cette bombe H. En Suisse, une camarade avait fustigé mon père, comme Tolkien (The Letters), disant : « ce sont des physiciens comme ton père qui ont construit la bombe H ». Injustement, puisqu’il n’avait jamais participé à la construction de cette bombe. Tolkien avait également reproché une telle construction : « These lunatic physicists content to do such work for the purpose of war : Atomic bombs ! […]» (The Letters, 1945) Mais grâce aux armes infra rouge, les Alliés ont gagné la IIè Guerre MOndiale. Alors, la Suisse, grâce entre autres à l’infra rouge detector de Marcel, peut avancer l’article, semblable au journal Neuchâtelois :
« Golay a sauvé l’honneur de la Suisse ! ».
Ce, au vu de l’image controversée des actes des suisses durant la Deuxième Guerre Mondiale – ainsi qu’au vu de ma recherche de trouver un scandale ou une provocation pour mes literary hardships (c.f. « L'incroyable Mr. Lynx, www.lynxu.ch). En effet, les Alliés gagnèrent la Guerre, et Marcel faisait partie des vainqueurs.
IX
Smart Nonita
La première femme de Marcel et Mexicaine. Elle adore la pluie qu’elle trouve d’une beauté remarquable. Ils ont deux filles, Eleanor dite Nona ou Nonita, jugée parfois « Smart Nonita » par ma mère et belle-mère d’Eleanor, et Hélène dite Helene ou Lenny.
Nona réussit Havard cum laudum, section Anthropologie. Hélène ouvrira un magasin de livre à New York et fera d’excellentes affaires. Nona me dit en 1989, lors du décès de Papa : « Monique, you should write children’s books. » Je ne sais pas pourquoi. Mais je l’ai fait plus tard dès 1997 (même si j’écris depuis l’âge de 7 ans): l’histoire d’un lynx qui s’invite chez une magnifique siamoise pour manger du Whiskat (en vente chez Payot). Papa me dira aussi de Nona : « She likes you. » Ce furent ses dernières paroles, dites la veille de son décès qui coïncide, mystérieusement, avec l’arrivée en Suisse de Nona. Il avait un grand sourire, image de lui que j’ai souhaité garder. Je ne suis donc jamais allée le voir après son décès, malgré la demande de Lenny, qui disait que c’était comme le dernier point d’un livre. Son mari, Kent, me dit : « For you, Monique, to be so unsure of yourself, the University of Lausanne is a stupid University. »
Aux Etats-Unis, période post-guerre 1945-1958, Lenny se lie d’amitié avec les enfants « noirs » ou « afro-américains », sous le regard observateur de son père. Marcel retourne régulièrement à Neuchâtel où il est appelé le «cousin d’Amérique» par la descendance de Jules.
X
L’Amérique de 1968.
Papa adorait la Suisse. Il n’y voyait que des qualités. Jusqu’en 1968, ses publications pleuvent. Il gagne tous les prix, sauf son fameux Prix Nobel qui lui échappe. 1968 est une année très tumultueuse aux USA. La Guerre du Viet Nâm fait rage. Les professeurs d’université perdent leur travail lorsqu’ils se révoltent contre leur administration embourbée dans un conflit que le peuple américain ne comprend pas. 1968 débouche sur la Révolution des Etudiants. Leur moto « Non à l’interdiction » est un bouleversement des mentalités, pire encore selon certains que celui dû aux Deux Guerres Mondiales. Ma théorie est que si la célébrissime Joanne a touché de si nombreux lecteurs, c’est que ses Potter Books sont une expression du leitmotiv « Non à l’interdiction » ; (elle jette également un regard sur la pauvreté, ce qui a également touché ses lecteurs). Sa femme décède.
La deuxième femme de Marcel, ma moeder, mot hollandais pour « mère », a vécu aux Pays Bas pendant l’occupation allemande. Elle avait une peur bleue des officiers nazis, mais était toute heureuse que tout, écoles et cinémas, soit dans la belle langue de Goethe – en allemand. Sa relation avec Papa se resserre du fait qu’elle soit la seule dactylo qui accepte de taper son écriture manuscrite « horriblement difficile à déchiffrer ». Au vu de ce trait familial, j’aurais tant aimé dactylographier les carnets de l’Oncle Jules de Marcel, mon grand oncle, le Dr. Jules Jacot Guillarmod. Mais, tout est si compétitif, et le mandat fut donné à l’historienne Madame […] (5).
Avant son immigration de 1969, Marcel vit avec Lidy, sa sœur Mieke et mon frère, le petit Marfel – avec « f », appelé ainsi cruellement plus tard par ses camarades de classe à cause de ses deux dents de devant entièrement déracinées suite à une chute dramatique dans les escaliers. Puis naît Monique, la 3è fille de Marcel, en 1964, à Eindhoven, Pays-Bas. Les mères hollandaises mettent traditionnellement bas à leur domicile. Etant immigrée aux USA ; Lidy suivra cette tradition partiellement, étant retournée à son domicile originel transformé en hôpital hollandais. Aux Etats-Unis, je m’attache à ma tante, la prenant pour ma mère.
XI
The Hardships of Immigration of 1969: Retour au pays.
Le voyage par bateau depuis le port de New York se termine en Europe et par ma découverte, comme le Deagol de Tolkien, d’une bague dans le sable. Mieke reste aux Etats-Unis et y connaît une forme de pauvreté. Seule et sans le sou par son misérable travail de secrétaire, jusqu’à ce qu’elle se marie là-bas à Uncle John.
Mon père rédige vers 1972 « The Narrow and the Tortuous » où il relate son souvenir d’enfance à Neuchâtel, à l’âge présumé de douze ans.
XII
Papa l’inventeur
Le infra red detector survit. Papa installe son laboratoire dans la cave où il fabrique des détecteurs infra rouge pour le génie médical. En 2009, j’ai l’idée que cet infra red detector pourrait servir à la numérisation de manuscrits. Il faudrait poser la question à un physicien.
Papa découvre le jeu de go. J’avais onze ans. Je le ratatinais! Les enfants sont plus instinctifs que les adultes à ce jeu. J’ai ma revanche, car mon père me battais largement aux Echecs – sauf une seule fois où j’avais joué très défensif! Mais mon père lit des livres de go, et je ne le bats plus. Alors je refuse de jouer encore avec lui, lui disant : « Papa, you cheat, you read go books ! ». En 1977-1980, Il rencontre Maxime, l’un des meilleurs joueurs de go de Suisse qui fera plus tard treize ans d’années psychiatrique, tourmenté par les deux suicides de ses deux frères, dont l’un professeur à l’université. Papa rencontre aussi Daniel, le Gandalf de Lausanne, qui me donne le conseil suivant : « tu traduis les articles scientifiques du infra red detector pour ton journaliste (M. Vallélian) et, à chaque phrase, tu mets le titre de ton livre. Ainsi, non seulement on fera de la publicité pour ton livre, mais tu seras payée pour cette publicité. »
Personne ne me croit, mais j’ai réellement vu un lynx dans la forêt du Jura Neuchâtelois. J’avais douze ans. Le fermier avait prévenu mon père : « Attention à vos enfants, Monsieur Golay. Il y a des lynx. » En effet, à douze ans, j’étais un peu dodue et un lynx, appuyé sur un tronc d’arbre couché, me regardait à l’air de dire : « Miam, elle a l’air bonne à manger, cette Monique. » Je m’en souviens très bien. Comme je trainais lors de notre promenade en forêt, Papa avait dit : « Stay with us, Monique ! », pour que je ne laisse pas le lynx m’accommoder en son dîner.
Pour en savoir plus, visitez mon site : www.lynxu.ch, ou appelez-moi.
J’ai encore des histoires. Mon père faisait pire que de faire passer de la cocaïne des USA en Suisse. De retour de Perkin Elmer, il remplissait ses valises avec des T-bone steaks américains délicieux et avec du homard. Il nous faisait chaque fois la théorie de combien de glace il devait utiliser, tenant compte de la soute froide de l’avion. Aux contrôles douaniers, à la question : « Avez-vous quelque chose à déclarer ? », mon père disait : « Non ! », et à chaque fois, on le laissait passer. Rebelote pour les bouteilles de prune qu’il passait d’une frontière à l’autre : à suivre.
(1) "Pneumatic Heat Detector," by Harold A. Zahl and Marcel J. E. Golay, reprinted from
The Review of Scientific Instruments, vol. 17, no. 11, November 1946,
pp. 511-515.
"Theoretical Consideration in Heat and Infra-Red Detection, with Particular Reference
to the Pneumatic Detector; A Pneumatic Infra-Red Detector," by Marcel J. E.
Golay, reprinted from The Review of Scientific Instruments, vol. 18, no. 5,
May 1947, pp. 347-362.
(2) C.f. photo « Marcel à l’Ecole Polytechnique »
(3) C.f. Document « Whole Life Policy » daté du 31 octobre 1928
À gauche, mon frère Marcel, méchamment surnommée vers 1977 "Marfel" par des ados suisses à cause de ses dents cassées. Toute une histoire. En l'an 5000, les paléontologues de cette époque du futur trouveront mon crâne ainsi que celui de mon frère, et y verront une énigme à résoudre au niveau de nos dentitions. En effet, j'ai les 4 canines fissurées, tandis que Marfel perdra ses 2 dents de devant à l'âge de 8 ou 9 ans, en Suisse. À droite, moi, à l'âge de 3 ans, un peu dodue (don't laugh!), aux USA, en 1967.
Monique Golay à l'âge de 3 ans, aux USA, cheveux roux hérités de mon père, dodue et l'air déjà un peu sérieuse.
En haut à gauche, photo de Marfel et moi; en haut à droite, ma tante, Marfel et moi qui donnent à manger aux canards blancs du New Jersey; en bas à gauche, moi en robe jaune et Marfel; en bas à droite, ma moeder (mère en hollandais) et moi, avec un pendentif contenant une mini-poupée, jouet de 2 dollars qui ruina ma pauvre tante, car elle me rachetait régulièrement ces coliers que je perdais aussi régulièrement qu'elle me les achetait.
Voici Nona, la première fille de mon père, à l'occasion de son diplôme reçu avec mention Cum Laude pour l'Anthropologie à Havard. Elle avait voulu étudier la philosophie mais, faute de connaissances de l'allemand suffisantes, n'était pas autorisée. Mon père fut d'abord marié à une femme mexicaine (qui décèda), puis à une hollandaise (ma mère). C'est le goût pour l'exotisme. Nona, drolatiquement appelée "Smart Nonita" par ma moeder, est en train de corriger la version anglaise de "L'incroyable Mr Lynx" qui a trouvé un agent littéraire aux USA.
À gauche, ma demi soeur Hélène, la 2è fille de mon père, vers 1958 - 1961. Hélène possède un magasin de livres à New York où elle fait d'excellentes affaires. Elle m'a récemment renseignée sur ce qu'est la "critique" d'un travail littéraire. 2è personne depuis la gauche: mon père. Autres personnages: inconnus, probablement des scientifiques américains.
Fête aux USA peu avant notre immigration en Suisse, en 1969. Mon père avait une peur bleue que mon frère soit engagé par l'armée américaine, peur justifiée par la Guerre entre les USA et le Viet Nâm à cette époque. Il s'effrayait également de la Révolution des étudiants de 1968. Ce furent donc des années tumultueuses aux USA. Monique est tout à droite, de profil.
Monique avec un teckel, en décembre 1968, avant notre immigration. Je suis pudique et j'ai hésité à montrer cette photo, puisqu'on voit my panties. Mais bon. Avec les joueuses de tennis, on a l'habitude de ce genre de tenue.
Monique et arbre de Noël, en 1968, juste avant notre immigration en Suisse.
Marfel et notre demi neveu Mark, le fils de Nona, qui a notre âge. Ils se trouvent devant l'atelier de Kent, le père de Mark et mari de Nona. Kent a dit un tas de commentaires drolatiques sur la Suisse. Il reproche aux Suisses d'être élitistes. En 1995, il m'a fortement déconseillée de mettre mon argent dans une banque suisse. Il dit aussi que c'est le pire des pays pour quelqu'un comme moi et les pauvres artistes inconnus en mal d'éditeur ou de producteur. Mais bon. Je trouve que le peuple américain a autant de problème avec son administration américaine qui s'embourbe dans des vietnams à répétition que le peuple suisse avec ses très grandes banques.
à gauche, Nona; 2è depuis la gauche: Mark; 3è depuis la gauche: Kent, professeur d'architecture à l'Université de Yale et sculpteur; 4è depuis la gauche: sa fille May; 5è depuis la gauche: sa grand maman, une dame richissime qui possédait des plantations au Sud des USA; tout à droite: mon père, lors d'un voyage pour son travail au sein de Perkin Elmer. USA, Conneticut, env. 1972.
À gauche, une copine italienne rencontrée sur le bateau "Michel Angelo" qui nous avait transporté depuis le port de New York jusqu'à Genoa, en Italie, 1969. Remarquez ma tête d'enterrement ultra-sérieuse. J'étais dans tous mes états de quitter mon Amérique, ma tante qui m'avait élevée et qui je croyais être ma mère et la belle maison au New Jersey (ainsi que tous mes jouets: plus aucun pendentif à mini-poupée, O désespoir).
Voici ma tante que j'appelais Mimi. Elle était restée seule aux USA, dans une forme de pauvreté, à travailler comme secrétaire de dentiste, alors qu'elle possédait l'anglais, le français, l'allemand et le néerlandais. Sans elle, j'ai été ré-adoptée par mes propres parents, situation drolatique.
Première photo de Monique en Suisse, prise par l'établissement scolaire publique à Lutry, Vaud, en 1970. J'avais 6 ans. Comment me trouvez-vous?
Voyez-vous le dessin de mon père? Y figurent Marfel et moi observés au microscope par mon père qui pense "se chamaillant toujours". à droite, je tire la langue à mon frère, à gauche: Marfel me fait une grimace avec la main.
Mes vacances aux USA, dans le Conneticut. J'étais ado, 12 ans, année 1978. À gauche, ma tante, 2è depuis la gauche: Monique; 3è depuis la gauche: May Bloomer qui étudiera plus tard la sculpture et l'anglais avancé, et travaillera des sculptures d'après des photos des sculptures de Michel Angelo, ce qui lui valut un article dans la presse locale. Elle m'a battu à la natation, grr! Elle me doit une revanche au jeu de go et au tennis.
depuis la gauche, inconnue, mon père, Monique ado à 12 ans, May Bloomer à 9 ans.
Monique encore ado à 17 ans, en 1ère année du Gymnase de la Cité, section scientifique. Sortie à Villeneuve, dans la réserve près du Lac Léman.
À gauche: May à 17 ans. Puis Monique à 19 ans, aux USA, Conneticut. May portait les grands chemisiers colorés de son père Kent. Moi, en tenue tennis. Soulagée d'avoir réussi ma Maturité type C, dans des conditions difficiles, car à l'époque, cela ne se faisait pas que des filles/femmes fassent des études scientifiques.
Grâce à ma machine à voyager dans le temps, c'est-à-dire mon shisho, remontons 15 ans en arrière de 1983 en 1968. Me voici à droite, ma demi-nièce May est à ma gauche. Je lui avais volé son cheval: j'étais plus grande, alors je m'étais offert son coco.
À gauche: Professeur Honda, à droite: mon père. Il avait été invité à un symposium scientifique au Japon en 1987. Les japonais de l'époque pouvaient lire et écrire en anglais, mais impossible d'avoir une communication ou un dialogue en anglais avec eux. On leur disait: "Prince Hôtel big!" et ils répondaient de manière totalement déconnectée: "Tokyo nice!". Aujourd'hui, en 2010, les professionnels asiates de go maîtrisent incroyablement mieux la langue anglaise que les scientifiques japonais des années 1980-1990. Développement philologique intéressant.
Vous voyez les 4/5 de moi, coupée à droite. J'avais accompagné mon père au Japon. Le 2è depuis la droite est un scientifique des Royaumes Unis et, en dessous, mon père.
Monique, vingt-deux ans, à la maison familiale de La Conversion (Vaud).
Tennis, Stade Lausanne, photo prise par une amie vietnamienne, Mi, qui m'a fait goûté des plats vietnamiens extraordinaires au Clubviet de Lausanne. J'ai vingt-cinq ans.
Et voici le prix que j'ai gagné aux Vaudois, année 1993 ou 1996? Ma mère et ma tante (lorsqu'elle venait en Suisse) m'avaient entraînée en cachette, contre la volonté de mon père, sur les terrains de tennis. J'étais inscrite à un cours junior à l'âge de 9 ans. Mais il arrive souvent que ni les enseignants, ni les parents ne s'aperçoivent qu'un enfant aie besoin de lunettes, ce qui fut mon cas. Alors pauvre Monique ne voyait pas la balle. D'ailleurs, je préférais la guitare classique et le dessin pendant mon temps libre. Quand j'ai découvert les lunettes, j'ai découvert le tennis, mais un peu tard pour être pro. J'admirais la joueuse de tennis pro numéro 1 mondiale, Chris Evert, toujours très élégante et offrant un jeu défensif extraordinaire. Chris Evert disait que les filles qui sont membres d'un club de tennis, devraient jouer avec les garçons du club pour améliorer leur jeu de tennis. Mais j'ai compris l'astuce trop tard... Donc, je ne suis jamais devenue pro. Mon père trouvait que le tennis était ENCORE une trop grande distraction par rapport à mes études et à ma scolarité.
Voici l'extrait de l'article sur "TENNIS VAUDOIS" avec mon nom: l'essentiel, c'est de participer!
Vous voyez que la joueuse pro Timea Bacsinszky avait participé au même tournoi, à un âge nettement plus jeune que le mien, et pour un meilleur classement (catégorie R3 - R6). Timea était déjà une "charette" comme disait son père à l'âge de 7 ans, âge auquel elle m'avait pris un set qui occupa toute la durée de la partie.
À gauche, Monique, 2010, qui joue au go lors d'un tournoi à Lucerne (pas une partie facile!), avec mon livre exposé: "L'incroyable Mr. Lynx". Mes personnages portes des noms japonais issus du jeu de go.
Monique dans la presse de la Veveyse, Suisse, août 2010, au sujet de "L'incroyable Mr Lynx". Journal: "Le Messager", journaliste: Madame Katharina Kubicek. Bonne lecture. J'ai découvert les photos en dimension 3D un siècle avant Avatar.
C'est fini! J'espère que vous avez eu du plaisir!!!